Palestine Action interdit, prison ferme pour 4 militants : la répression se durcit au Royaume-Uni
Dans une offensive brutale du gouvernement de Keir Starmer contre le mouvement de soutien à la Palestine, quatre militants de Palestine Action ont été condamnés à des peines allant de cinq à sept ans de prison ce 12 juin, après une action dans une usine d’armement israélienne. En parallèle, la justice britannique a validé ce lundi en appel l’interdiction de l’organisation.
Elliot Leca16 juin
La nouvelle est tombée ce lundi 15 juin : la justice britannique a validé l’interdiction de Palestine Action. Cette interdiction survient au milieu d’une importante vague de répression depuis la classification de l’organisation comme « organisation terroriste » en juillet dernier. En effet, ce 12 juin ont été prononcées des peines allant de cinq à sept ans de prison pour Charlotte Head, Samuel Corner, Leona Kamio et Fatema Rajwan, quatre militants du collectif. Ces derniers avaient été arrêtés après avoir entrepris une action de dégradation dans une usine d’Elbit Systems, une firme d’armement basée en Israël, endommageant « des ordinateurs », « des drones » et d’autres équipements, et blessant une policière.
Ceux que l’on surnomme les « Filton Four », du nom de la ville où se trouve l’usine, avaient revendiqué, lors de leur procès le 5 mai, la fierté d’avoir « désarmé des drones militaires israéliens » et potentiellement « sauvé des vies innocentes ». Ils avaient alors été déclarés coupables de leurs actes, apparentés à du « terrorisme » par le juge. Ils étaient depuis détenus en attendant le prononcé de la peine le 12 juin, en parallèle duquel la police a interpellé 125 personnes qui manifestaient devant le tribunal.
Au Royaume-Uni, le durcissement répressif en cours contre le mouvement pour la Palestine depuis des années Palestine, connaît à présent un tournant important. Il se caractérise par un recours quasi systématique à la législation anti-terroriste à travers un arsenal varié, composé notamment du Terrorism Act 2000. C’est ainsi en vertu de ce texte que le gouvernement de Keir Starmer a classifié Palestine Action comme « organisation terroriste » en juillet dernier, au même titre que Al-Qaïda.
Cette classification a permis à l’État d’arrêter au total plus de 3 300 personnes et d’en inculper des centaines à la moindre manifestation de soutien au collectif. Son interdiction, qui avait d’abord été jugée « disproportionnée » par la Haute Cour de Londres en février, a désormais été validée en appel. Cela rend passible de jusqu’à quatorze ans de prison le fait d’appartenir à Palestine action, mais aussi de six mois le simple fait de soutenir ou même porter des vêtements laissant « soupçonner » un soutien à l’organisation. Un rassemblement a d’ailleurs eu lieu ce lundi devant le tribunal pour protester contre l’interdiction, où la police a arrêté 117 personnes.
Alors que le Royaume-Uni est le foyer d’une crise politique, mais aussi d’une solidarité avec la Palestine importante depuis des années, les gouvernements britanniques qui se succèdent n’ont pour objectif que de réprimer toute opposition, qu’il s’agisse du mouvement écologiste ou pour la Palestine. Loin de changer quoi que ce soit à cette dynamique, le gouvernement du Parti Travailliste, avec Keir Starmer à sa tête, cherche activement depuis deux ans à faire taire toute voix qui dénonce la complicité du Royaume-Uni avec le génocide en Palestine, tout en poursuivant sa droitisation xénophobe et militariste.
Alors qu’Israël, contraint de se retirer du Liban dans le cadre de l’accord entre les États-Unis et l’Iran, pourrait se venger sur Gaza en y relançant une guerre génocidaire de haute intensité, les gouvernements occidentaux complices profitent du recul du mouvement de solidarité pour intensifier la répression, au Royaume-Uni, mais aussi en France, avec les attaques contre des militants comme Olivia Zemor, Rima Hassan, Omar Alsoumi ou Ramy Shaath, mais aussi le procès d’Anasse Kazib pour « apologie du terrorisme » qui aura lieu le 25 juin prochain. Il est urgent de construire une forte solidarité contre cet acharnement, en lien avec la reconstruction d’un mouvement anti-impérialiste à échelle internationale.
En ce sens, soyons le plus nombreux possible à venir à la grande soirée de solidarité avec les soutiens de la Palestine ce 18 juin à Saint-Denis, en présence d’Elsa Marcel, Myriam Bregman ou encore Médine, ainsi qu’aux rassemblements de soutien à Anasse Kazib organisés par Révolution Permanente partout en France le 24 juin et devant le Tribunal de Paris le 25 ! Soutien aux Filton Four, et à tous les réprimés pour la Palestine !
Article paru sur « Revolution Permanante »