Permis de tuer : l’État légalise l’impunité policière et prépare une guerre sociale
Un vote sous tension, arraché par une alliance macronistes–droite–extrême droite
Mardi, derrière les murs aseptisés de l’Assemblée Nationale, les députés Macronistes, la droite et l’extrême droite ont scellé un pacte : offrir à la police un permis de tuer maquillé en « Présomption de légitimité ». Désormais, lorsqu’un policier tire, la loi le considère automatiquement dans son droit. Ce n’est plus la police qui doit prouver la légitime défense : c’est la victime — ou son cadavre — qui doit démontrer l’illégalité du tir.
Ce renversement n’est pas un détail juridique. C’est un changement de régime. Un État qui protège ses forces armées avant même d’examiner les faits n’est plus un État de droit : c’est un État qui institutionnalise la violence.
Dans les tribunes, les familles de victimes ont crié ce que tout le pays pense : « Pas de justice, pas de paix. »
Une loi pensée pour couvrir les tirs mortels
Après la loi Cazeneuve, la loi de l’impunité totale
Depuis 2017, les tirs mortels ont explosé. Les refus d’obtempérer sont devenus un prétexte. Les contrôles de routine se transforment en exécutions sommaires. La nouvelle loi parachève ce mouvement : elle offre un bouclier juridique aux policiers, même dans les situations les plus contestées.
Concrètement :
- Un tir mortel devient a priori légal ;
- Les enquêtes internes — déjà connues pour blanchir systématiquement les agents — deviennent décisives ;
- Les familles doivent mener un combat impossible pour prouver l’illégalité d’un tir, souvent sans images, sans témoins, sans moyens.
C’est une loi écrite pour les tireurs, pas pour les vivants.
Une offensive sécuritaire qui vise les quartiers, les révoltés, les grévistes
Le pouvoir prépare les prochains soulèvements.
Ce texte n’arrive pas par hasard. Il arrive après les révoltes de 2023, après les grèves massives, après les colères qui ont secoué le pays. Il arrive parce que le pouvoir sait que les prochaines crises seront plus dures, plus massives, plus incontrôlables.
En renforçant l’impunité policière, le gouvernement se dote d’un outil de guerre sociale. Un outil pour intimider, pour dissuader, pour frapper. Un outil pour dire : « Nous tirerons, et vous n’aurez aucun recours. »
Ce vote est un message : la police n’est plus un service public, c’est un bras armé politique.
Une opposition populaire qui monte, malgré le mur médiatique
300 000 signatures en quelques jours : la colère est là
Alors que les médias dominants minimisent le scandale, la population, elle, ne s’y trompe pas. Une pétition exigeant le retrait du texte a dépassé les 300 000 signatures en une semaine. Les collectifs de victimes, les organisations antiracistes, les syndicats combatifs et les réseaux autonomes convergent : ce texte doit tomber.
La marche pour Adama Traoré — dix ans après sa mort — a rappelé que la mémoire des violences policières est vivante, brûlante, prête à se transformer en force collective.
Un front sécuritaire macronistes–droite–extrême droite
L’ordre comme religion, la police comme clergé
Le vote révèle une vérité que le pouvoir tente de masquer : Macron, Les Républicains et le Rassemblement National ne sont plus trois forces distinctes. Ils sont les trois faces d’un même bloc sécuritaire.
Ce bloc veut :
- Une police intouchable ;
- Une justice docile ;
- Des quartiers populaires sous surveillance ;
- Des mouvements sociaux sous menace permanente ;
- Une société où la peur remplace le droit.
Ce n’est pas une dérive. C’est une stratégie.
La riposte : construire un front autonome, massif, ingouvernable
Retrait total du texte — et début d’une contre-offensive
Face à ce permis de tuer, la réponse ne peut pas être symbolique. Elle doit être politique, sociale, collective.
Les revendications sont claires :
- Retrait immédiat de la loi sur la présomption de légitimité des tirs ;
- Abrogation de la loi Cazeneuve, matrice de l’escalade mortelle ;
- Fin des lois sécuritaires qui étouffent les libertés ;
- Contrôle populaire de la police, indépendant de l’État ;
- Organisation d’un front autonome, capable de bloquer, de résister, de faire reculer le pouvoir.
Ce texte n’est pas une fatalité. Il est un test. Un test pour savoir si la société accepte de vivre sous la menace permanente d’armes légalisées. Un test pour savoir si nous sommes prêts à défendre nos vies, nos droits, nos rues.
La réponse doit être à la hauteur du danger.