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Israël–Palestine : Un siècle de dépossession

Depuis plus d’un siècle, la terre située entre le Jourdain et la Méditerranée est le théâtre d’un conflit où se croisent colonisation, expulsions, résistances populaires et affrontements militaires. L’histoire israélo‑palestinienne est marquée par une succession de ruptures — la Déclaration Balfour, la Nakba de 1948, l’occupation de 1967, les Intifadas, les accords avortés, les blocus et les guerres — qui ont façonné un paysage politique parmi les plus complexes et les plus asymétriques du monde contemporain. Ce dossier retrace les grandes étapes de cette dépossession progressive, depuis les premières ambitions sionistes sous mandat britannique jusqu’aux crises actuelles en Cisjordanie et à Gaza, pour comprendre comment un siècle de décisions, de violences et de résistances a construit la réalité d’aujourd’hui.

1917–1948 : La promesse, la dépossession et la fracture

L’histoire du conflit ne commence pas avec les roquettes, ni avec les Intifadas, ni même avec la création d’Israël. Elle commence avec une promesse faite par un empire mourant à un peuple persécuté — sur la terre d’un autre peuple qui n’a rien demandé.

C’est là que se trouve la racine du drame.

1917 — La Déclaration Balfour : un texte court, un séisme long

Lorsque le gouvernement Britannique promet un “foyer national juif” en Palestine, il ne consulte pas les habitants de cette terre. À l’époque, la Palestine est peuplée à plus de 90 % d’Arabes palestiniens. Ils cultivent leurs terres, vivent dans leurs villages, parlent leur langue, transmettent leurs traditions.

La promesse Britannique crée une asymétrie fondamentale :

  • Un peuple reçoit une promesse politique,
  • L’autre reçoit une menace existentielle.

C’est le point de départ d’un siècle de dépossession.

L’historien Rashid Khalidi résume parfaitement l’impact de 1917 :

« La Déclaration Balfour promettait un foyer national juif, mais elle ne promettait rien aux habitants du pays. »

Années 1920–1930 — Une colonisation démographique sous mandat britannique

Les vagues d’immigration juive augmentent, souvent composées de personnes fuyant les pogroms d’Europe. Leur détresse est réelle. Mais pour les Palestiniens, cette immigration massive ressemble à une colonisation soutenue par une puissance impériale.

L’ONG Britannique Palestine Exploration Fund notait déjà en 1922 que la Palestine était « Majoritairement arabe, rurale et stable ». L’immigration juive, encouragée par Londres, bouleverse cet équilibre.

Les terres sont achetées, parfois expropriées. Des kibboutz se construisent. Des milices se forment. Les Palestiniens voient leur monde changer sans qu’on leur demande leur avis.

En 1936, ils se soulèvent. La grande révolte arabe est écrasée par les Britanniques, qui désarment les Palestiniens mais laissent les milices sionistes se renforcer. Cette asymétrie est la racine du conflit.

Ils paieront ce prix en 1948.

L’historien Ilan Pappé rappelle que la grande révolte arabe (1936–1939) fut

« l’un des premiers mouvements anticoloniaux du XXe siècle ».

1947–1948 — Le partage, la guerre, la Nakba

L’ONU propose un plan de partage qui attribue plus de la moitié du territoire à un État juif, alors que les Palestiniens sont encore majoritaires. Les dirigeants sionistes acceptent. Les Palestiniens refusent — non par haine, mais parce qu’on leur demande d’abandonner leur propre pays.

La guerre éclate. Les milices sionistes (Haganah, Irgoun, Lehi) mènent des opérations d’expulsion. Des villages sont vidés, parfois massacrés (Deir Yassin). Les armées arabes interviennent tard, mal coordonnées.

Résultat :

  • 700 000 Palestiniens expulsés ou en fuite,
  • Plus de 400 villages détruits,
  • Une société entière brisée.

Pour les Israéliens, c’est l’indépendance. Pour les Palestiniens, c’est la Nakba, (Arabe : نكبة, « catastrophe ») la catastrophe fondatrice.

Et cette fracture ne se refermera jamais.

Selon l’ONU (UNRWA), plus de 700 000 Palestiniens sont expulsés ou fuient la guerre. L’historien Israélien Benny Morris — pourtant loin d’être Pro‑Palestinien — reconnaît :

« Des expulsions ont eu lieu, parfois forcées, parfois planifiées. »

Amnesty International parle aujourd’hui de 1948 comme d’un « processus de nettoyage ethnique » dans plusieurs zones

1948–1967 : Les Palestiniens disparaissent du paysage politique, mais pas de la terre

Après 1948, la carte change brutalement :

  • Israël contrôle 78 % du territoire,
  • La Cisjordanie est annexée par la Jordanie,
  • Gaza est administrée par l’Égypte.

Les Palestiniens deviennent un peuple éclaté : réfugiés, exilés, minorité sous contrôle militaire, population sous administration étrangère.

Dans les camps : la survie devient identité

À Gaza, les camps deviennent des villes de misère. À Beyrouth, les réfugiés vivent dans des ruelles sans lumière. En Cisjordanie, les familles attendent un retour qui ne viendra pas.

Les Palestiniens n’ont plus d’État, plus d’armée, plus de représentation. Mais ils ont la mémoire. Et la mémoire devient résistance.

L’UNRWA décrit les camps de Gaza comme « les zones les plus densément peuplées du monde ». Les réfugiés y vivent dans des conditions que l’ONG qualifie de « privation structurelle ».

De l’autre côté : Israël se construit, mais sur un vide créé

Les villes Palestiniennes vidées sont repeuplées. Les villages détruits sont recouverts de forêts plantées par le Fonds National Juif. Les noms arabes disparaissent des cartes.

C’est une stratégie classique de colonisation : effacer pour remplacer.

L’historien Israélien Ilan Pappé écrit :

« La disparition des villages Palestiniens n’est pas un accident de la guerre. C’est un projet. »

Le Fonds National Juif plante des forêts sur les ruines des villages détruits.

Human Rights Watch parle d’une « effacement systématique de la mémoire Palestinienne ».

1967 — La guerre des Six Jours : l’occupation commence

En six jours, Israël occupe :

  • La Cisjordanie,
  • Gaza,
  • Jérusalem-Est,
  • Le Golan.

Pour les Palestiniens, c’est un deuxième séisme. Ils passent d’une dépossession territoriale à une occupation militaire totale.

Checkpoints, couvre-feux, arrestations, confiscations de terres. Et surtout : le début de la colonisation en Cisjordanie et à Gaza.

C’est ici que se prépare l’Intifada.

Le mot “intifada”, issu de l’arabe انتفاضة — littéralement « soulèvement » — désigne un mouvement de révolte populaire, un moment où un peuple se redresse face à une domination jugée insupportable. Le terme s’est imposé pour nommer les deux grands soulèvements palestiniens, massifs et largement civils, qui ont éclaté sous l’occupation israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Plus qu’un épisode historique, l’intifada est devenue un symbole : celui d’une population qui, privée de droits politiques, de souveraineté et de perspectives, choisit de faire entendre sa voix par la mobilisation collective.

Après la guerre des Six Jours, Israël occupe la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem‑Est. Selon la résolution 242 de l’ONU, Cette occupation est illégale et doit prendre fin.

L’historien Avi Shlaim résume :

« 1967 marque le début du conflit moderne. »

1967–1987 : Vingt ans d’occupation, vingt ans de colère accumulée

L’année 1967 marque un basculement. En six jours, Israël occupe la Cisjordanie, Gaza, Jérusalem‑Est, le Golan. Pour les Palestiniens, c’est un deuxième arrachement — après la Nakba, voici l’occupation.

Et cette occupation n’est pas un simple contrôle militaire. C’est un système. Une architecture. Une manière de remodeler un territoire pour le rendre méconnaissable à ceux qui y vivent.

Human Rights Watch (2021) :

« Israël impose un régime d’apartheid et de persécution aux Palestiniens. »

Amnesty International (2022) :

« Un système institutionnalisé de domination raciale. »

Ces mots sont lourds. Ils ne sont pas militants : ils sont juridiques.

L’occupation : un laboratoire de contrôle

Dès 1967, Israël met en place un dispositif qui deviendra l’un des plus sophistiqués au monde :

  • Permis de circulation,
  • Checkpoints,
  • Arrestations administratives,
  • Confiscations de terres,
  • Implantation de colonies,
  • Lois militaires appliquées aux Palestiniens,
  • Lois civiles appliquées aux colons.

Deux populations. Deux systèmes juridiques. Sur la même terre.

Les Palestiniens vivent sous un régime militaire. Les colons vivent sous un régime civil.

C’est cela, la définition d’un système d’apartheid selon le droit international : un régime de domination institutionnalisée d’un groupe sur un autre.

Les colonies : la stratégie du fait accompli

Dans les années 1970, les premières colonies apparaissent sur les collines de Cisjordanie. Elles sont d’abord présentées comme “Temporaires”. Puis comme “Sécuritaires”. Puis comme “Idéologiques”. Puis comme “Naturelles”.

Elles ne sont ni temporaires, ni sécuritaires. Elles sont politiques.

Chaque colonie est un avant‑poste. Chaque avant‑poste devient une ville. Chaque ville devient un bloc territorial. Chaque bloc territorial devient un obstacle à la création d’un État Palestinien.

C’est une stratégie lente, méthodique, implacable.

L’ONG Israélienne B’Tselem écrit :

« Les colonies ne sont pas un accident. Elles sont le cœur du système. »

Chaque colonie est un verrou sur la terre Palestinienne.

Gaza : la densité, la pauvreté, l’étouffement

Dans la bande de Gaza, l’occupation prend une forme encore plus brutale. Un territoire minuscule, surpeuplé, sans ressources, sans horizon.

Les camps de réfugiés deviennent des labyrinthes de béton. Les jeunes grandissent dans des ruelles où le soleil ne pénètre plus. Les soldats patrouillent. Les colons s’installent sur les meilleures terres, près de la mer.

Gaza devient une enclave sous contrôle total.

La résistance palestinienne renaît

Dans les années 1970, l’OLP se structure. Elle devient la voix politique d’un peuple dispersé. Elle mène une lutte armée depuis l’exil — Jordanie, puis Liban.

Mais dans les territoires occupés, la résistance est différente : plus diffuse, plus sociale, plus quotidienne.

Les Palestiniens résistent par :

  • L’éducation,
  • La solidarité,
  • Les réseaux clandestins,
  • Les comités de quartier,
  • Les grèves,
  • Les boycotts.

Une résistance civile, populaire, enracinée.

1982 — Sabra et Chatila : le traumatisme absolu

En 1982, Israël envahit le Liban pour frapper l’OLP. À Beyrouth, les camps de Sabra et Chatila sont encerclés. Les milices phalangistes Libanaises entrent. L’armée Israélienne laisse faire.

Le massacre dure trois jours. Des centaines, peut‑être des milliers de civils Palestiniens sont tués.

Pour les Palestiniens, c’est un message : personne ne viendra les protéger.

La colère se transforme en détermination.

La commission Israélienne Kahan conclut en 1983 que l’armée Israélienne porte une « responsabilité indirecte » dans le massacre. Robert Fisk, journaliste présent sur place, écrira :

« Je n’avais jamais vu une telle horreur. »

1987 — L’étincelle de trop

Vingt ans d’occupation. Vingt ans de confiscations. Vingt ans d’humiliations. Vingt ans de vie sous contrôle militaire.

Il suffit d’une étincelle.

Le 8 décembre 1987, un camion Israélien percute deux taxis Palestiniens à Gaza. Quatre morts. Dans le camp de Jabaliya, la rumeur court : vengeance.

Le lendemain, la rue explose.

La première Intifada commence.

Une révolte populaire, pas une guerre

L’historienne Leila Farsakh :

« L’Intifada est la première fois que les Palestiniens reprennent leur histoire en main. »

Contrairement à ce que certains récits simplistes laissent entendre, la première Intifada n’est pas une guerre. C’est un soulèvement civil, massif, populaire, structuré autour de :

  • Grèves générales,
  • Boycotts,
  • Refus de payer les taxes,
  • Ecoles clandestines,
  • Comités de quartier,
  • Jets de pierres,
  • Barricades.

Les Palestiniens transforment leur quotidien en acte politique. Ils reprennent la parole. Ils reprennent la rue. Ils reprennent leur dignité.

La réponse Israélienne : briser la résistance

L’armée Israélienne répond par une répression systématique :

  • Arrestations massives,
  • Couvre‑feux interminables,
  • Balles en caoutchouc,
  • Tirs réels,
  • Démolitions de maisons,
  • Passages à tabac.

Le ministre de la Défense Yitzhak Rabin parle d’une stratégie de “bris des os”. L’expression restera comme un symbole de la brutalité de cette période.

La Palestine redevient visible

Pour la première fois depuis 1948, le monde voit les Palestiniens. Non pas comme des réfugiés, non pas comme des combattants exilés, mais comme un peuple vivant sous occupation.

Les images d’adolescents lançant des pierres face à des soldats lourdement armés font le tour du monde. La question Palestinienne redevient centrale.

1991–1993 — De Madrid à Oslo : l’espoir fragile

La pression internationale pousse Israël et l’OLP à négocier. La conférence de Madrid ouvre une brèche. Les accords d’Oslo, en 1993, promettent :

  • Un retrait progressif,
  • Une Autorité Palestinienne,
  • Un État Palestinien à venir.

Sur le papier, c’est un tournant historique. Dans les faits, les colonies continuent de s’étendre.

L’espoir est là, mais il est fragile. Trop fragile.

Les comités populaires deviennent un modèle de résistance civile.

1993–2000 : Oslo — l’espoir brisé

Les accords d’Oslo sont souvent présentés comme un moment de paix. Pour les Palestiniens, ils sont surtout un moment de désillusion.

Edward Said, intellectuel Palestinien, écrit dès 1993 : « Oslo est une reddition. »

Une Autorité palestinienne… sans souveraineté

L’Autorité palestinienne naît, mais elle n’a :

  • Ni contrôle sur les frontières,
  • Ni contrôle sur l’espace aérien,
  • Ni contrôle sur les ressources,
  • Ni armée réelle,
  • Ni continuité territoriale.

Elle administre des enclaves. Pas un État.

Les colonies : la bombe à retardement

Pendant que les négociations avancent, les colonies s’étendent. Elles doublent presque en dix ans.

L’ONG Peace Now confirme :

« La colonisation n’a jamais cessé. Elle s’est accélérée. »

Chaque colline colonisée est un morceau de futur État Palestinien qui disparaît. Chaque route réservée aux colons est une frontière invisible qui se dessine.

Oslo promet un État. La colonisation le rend impossible.

2000 — L’étincelle de Sharon

Le 28 septembre 2000, Ariel Sharon visite l’esplanade des Mosquées, escorté par un millier de policiers. Pour les Palestiniens, c’est une provocation. Pour beaucoup, c’est la preuve que les négociations ne mènent nulle part.

La seconde Intifada éclate.

2000–2005 : La seconde Intifada — le retour du sang

La seconde Intifada n’a rien à voir avec la première. Elle est plus violente, plus militarisée, plus désespérée.

Attentats, opérations militaires, morts par milliers

Des groupes armés Palestiniens — dont le Hamas, désigné organisation terroriste par l’UE, les États‑Unis et d’autres États — mènent des attentats contre des civils israéliens. Israël répond par :

  • Incursions massives,
  • Bombardements,
  • Assassinats ciblés,
  • Destruction d’infrastructures,
  • Construction du mur de séparation.

La Cour internationale de Justice (2004) :

« Le mur construit par Israël est illégal. »

La spirale est infernale. Les civils paient le prix.

L’ONU recense plus de 3 000 Palestiniens tués et plus de 1 000 Israéliens. Les civils paient le prix.

2005 — Le retrait de Gaza : une sortie qui n’en est pas une

Israël se retire unilatéralement de Gaza. Les colons partent. L’armée se retire… mais garde le contrôle :

  • De l’espace aérien,
  • Des frontières,
  • Des eaux territoriales,
  • Du registre de population.

Gaza devient une enclave sous contrôle extérieur. Un piège à ciel ouvert.

2006–2021 : Gaza — urnes, blocus et guerres

L’année 2006 aurait pu être un tournant. Pour la première fois, les Palestiniens votent librement pour leur Parlement. Les observateurs internationaux saluent un scrutin transparent. Mais le résultat ne plaît pas aux puissances occidentales.

Le Hamas désigné organisation terroriste par l’UE, les États‑Unis et d’autres États — remporte les élections. Le Fatah, soutenu par l’Occident, refuse de céder le pouvoir. Une guerre interne éclate. En 2007, le Hamas prend le contrôle de Gaza.

Et c’est là que commence l’un des blocus les plus sévères du monde contemporain.

Gaza sous blocus : une prison à ciel ouvert

À partir de 2007, Israël impose un blocus terrestre, maritime et aérien sur Gaza. L’Égypte ferme sa frontière au sud. Deux millions de personnes se retrouvent enfermées dans un territoire minuscule.

Le blocus n’est pas une mesure abstraite. C’est une réalité quotidienne :

  • Electricité quelques heures par jour,
  • Eau potable rare,
  • Chômage massif,
  • Hôpitaux sous-équipés,
  • Interdiction d’importer certains matériaux,
  • Interdiction de sortir pour étudier, travailler, se soigner.

Gaza devient un laboratoire de contrôle humain. Un territoire où l’on peut mesurer l’effet d’un enfermement prolongé sur une population entière.

L’ONU décrit Gaza comme : « inhabitable d’ici 2020 » (rapport 2015).

Human Rights Watch parle d’un « châtiment collectif ».

2008–2009 : “Plomb durci” — la première grande guerre

En décembre 2008, Israël lance une offensive massive sur Gaza. Bombardements, incursions terrestres, destructions d’infrastructures civiles. Plus d’un millier de Palestiniens sont tués, dont de nombreux civils.

Le monde regarde. Puis oublie.

2012 : Une guerre courte, mais un message clair

En 2012, un nouveau cycle de violence éclate. Moins long, moins destructeur que 2008–2009, mais tout aussi traumatisant pour les civils.

2014 : “Bordure protectrice” — la guerre la plus meurtrière

L’été 2014 est un cauchemar. Les bombardements durent 51 jours. Des quartiers entiers sont rasés. Plus de 2 000 Palestiniens sont tués, dont une majorité de civils selon l’ONU.

Les images de Gaza détruite font le tour du monde. Mais rien ne change.

2018–2019 : La “Grande Marche du Retour”

Des dizaines de milliers de Palestiniens manifestent pacifiquement le long de la barrière. Ils réclament deux choses simples :

  • La fin du blocus,
  • Le droit au retour pour les réfugiés.

L’armée Israélienne tire à balles réelles. Des centaines de morts. Des milliers de blessés, souvent mutilés.

Le message est clair : même la protestation non violente est réprimée.

2021 : un nouveau cycle de feu

En mai 2021, un nouveau conflit éclate. Bombardements sur Gaza. Tirs de roquettes vers Israël. Destruction, morts, traumatismes.

Le blocus continue. La colonisation continue. L’occupation continue.

Et la colère continue de monter.

Amnesty International :

« Les bombardements de 2008–2009, 2012, 2014 et 2021 ont causé des destructions massives et disproportionnées. »

2022–2023 : Une région prête à exploser

La Cisjordanie connaît une montée de violence sans précédent depuis la seconde Intifada.

Les raids militaires se multiplient

Jénine, Naplouse, Hébron : les incursions nocturnes deviennent quasi quotidiennes. Des jeunes sont tués chaque semaine.

Les colons deviennent une force autonome

Armés, organisés, parfois protégés par l’armée, ils attaquent des villages, brûlent des maisons, déracinent des oliviers.

L’Autorité palestinienne s’effondre politiquement

Corruption, impuissance, absence de légitimité. Elle ne représente plus personne.

Gaza reste enfermée

Le blocus entre dans sa 16e année. Une génération entière n’a jamais quitté l’enclave.

La situation est explosive. Il suffit d’une étincelle.

L’ONG Israélienne Yesh Din :

« L’impunité des colons est presque totale. »

7 octobre 2023 : Le jour où tout bascule

Le 7 octobre 2023, le Hamas désigné organisation terroriste par l’UE, les États‑Unis, Israël et d’autres États — lance une attaque d’une ampleur inédite contre Israël.

Des civils Israéliens sont tués. Des otages sont pris. L’attaque choque le monde.

L’ONU condamne immédiatement.

La réponse Israélienne est immédiate, massive, totale.

Haut‑Commissariat aux droits de l’homme (ONU) :

« Les bombardements massifs sur Gaza soulèvent des préoccupations sérieuses de violations du droit international humanitaire. »

Médecins Sans Frontières parle d’une « catastrophe humanitaire sans précédent ».

Gaza est bombardée sans répit

Des quartiers entiers sont détruits. Des milliers de civils Palestiniens sont tués. Les infrastructures vitales s’effondrent. L’ONU parle d’une catastrophe humanitaire majeure.

Le cycle de violence atteint un niveau jamais vu depuis des décennies

Le 7 octobre n’est pas un événement isolé. C’est l’explosion d’un système de domination, d’occupation, de blocus, de colonisation, de désespoir accumulé pendant des décennies.

Cela n’excuse rien. Mais cela explique tout.

Un siècle de dépossession, et aucune sortie

Un siècle après la Déclaration Balfour, 75 ans après la Nakba, 56 ans après le début de l’occupation, 16 ans après le début du blocus de Gaza, le conflit reste l’un des plus asymétriques du monde.

Un peuple vit sous occupation. Un autre vit dans la peur. Et les civils paient le prix.

La paix ne viendra pas d’un cessez‑le‑feu. Ni d’une conférence internationale. Ni d’un accord signé sous pression.

Elle viendra d’une seule chose : la fin de la dépossession.

Tant que les Palestiniens n’auront pas de droits, tant qu’ils vivront sous occupation, tant que leur terre sera colonisée, tant que Gaza sera enfermée, le cycle continuera.

Et c’est cela, la vérité que l’histoire nous impose.

L’historien Rashid Khalidi résume un siècle de conflit :

« Le problème n’est pas la coexistence. Le problème est la domination. »

Tant que cette domination perdurera, la paix restera un mirage.

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